les paysans de tout les époques

les paysans de tout les époques
Paysan avant l'époque de l'Empire romain
L'avoine et le seigle se développent en Europe occidentale.
Les fèves, les lentilles, les petits pois, les pois chiches et la vigne font également leur apparition.
Le cheval domestique arrive des pays de l'est.


Paysan au Moyen Âge

L'accroissement de la population des campagnes se traduit par une diminution de la taille des parcelles et une paupérisation persistante.

Les terres appartiennent en majorité aux seigneurs. Les paysans tiennent donc des tenures, terres que le seigneur leur a concédées en échange de redevances et de corvées.


Entre 1050 et 1150 les seigneurs poussent les paysans à défricher pour créer de nouvelles terres cultivables, et ainsi augmenter la production agricole. Cette période s'achève au XIIIe siècle. Les villages qui naissent ont des noms à connotation agricole : Neubourg (le nouveau bourg), Les Essarts (du verbe essarter, c'est-à-dire défricher). Dans le sud de la France, on appelle bastides ces nouveaux villages créés au XIIIe siècle ou après la Guerre de Cent Ans.


Les paysans sous l'ancien régime

L'état des lieux avant la révolution française
Les paysans vivaient très précairement au XVIIIe siècle et ne bénéficiaient que de techniques très rudimentaires pour les mises en culture. Sur le plan politique, ils étaient ignorés, malgré leur nombre très important et leur rôle dans l'économie du pays. Mais leur situation a évolué au long du XVIIIe siècle.


La France, un pays rural [modifier]
Les paysans, écrasante majorité de la population française, mais aussi dans le monde, sont pourtant ignorés.

En France, au milieu du XVIIIe siècle, sur une population totale de 27 millions d'habitants, environ 20 millions sont ruraux, et la grande majorité de ces derniers sont des paysans. 75 % des revenus nationaux proviennent de la campagne et l'argent est la plupart des cas placé dans la terre, qui, malgré une rentabilité plus basse que d'autres activités, apporte sécurité et prestige : elle permet l'ascension sociale.

L'agriculture étant un secteur où l'endettement atteint souvent d'importantes proportions, nombre de terres héritées se retrouvent souvent dans les mains de banquiers, faute de moyens pour recouvrir la dette héritée avec la terre.

Campagne et ville ne sont guère différenciées : seule Paris dépasse les 500 000 habitants, suivie de Lyon, avec moins de 100 000 habitants. Cela est dû au fait que l'industrie ne nécessite pas encore de main d'½uvre importante, car le commerce n'est pas encore mondialisé, les échanges étant plutôt rares : la concentration des populations n'as pas encore eu lieu, et l'industrie est disséminée dans toute la France. Industrie et agriculture se côtoient, les paysans devenant momentanément artisans, lorsque la récolte a été mauvaise, pour assurer leur survie. La France au XVIIIe siècle est un pays rural, les grandes villes étant très rares, où l'agriculture à un rôle majeur dans l'économie du pays et qui n'a pas grand-chose à voir avec la France d'aujourd'hui, tout du moins sur ces points.


L'organisation de la société rurale pendant l'ancien régime et son évolution au cours du XVIIIe siècle [modifier]
La société rurale est divisée de façon hiérarchique : au plus haut, les laboureurs, ceux qui possèdent des terres et emploient des personnes, vivent bien plus aisément que les serfs, qui occupent le plus bas des échelons. Ces derniers tendent à disparaître, plus qu'un million de serfs au milieu du siècle, et cela va être déterminant : les paysans ne dépendent plus, ou en tout cas beaucoup moins, d'une puissance supérieure. Avec le servage, c'est l'un des derniers vestiges de la féodalité qui disparaît. Ceux qui sont encore liés à un homme peuvent racheter leur liberté avec des charges, qui, dépréciation de la monnaie aidant, ne vont cesser de se dévaloriser. Un processus est donc en marche visant l'indépendance des paysans, et va aboutir la nuit du 4 août 1789, lors de l'abolition des privilèges.

Mais pourtant, malgré cet apparent gain de liberté, d'autres règles asservissent les paysans, cette fois plus horizontalement, mais verticalement : les liens communautaires qui sont une sorte de servitude collective. Les paysans ayant généralement des petites parcelles, ils doivent s'assembler pour être plus productifs, organiser des pâturages, sous peine de sanctions juridiques. Le petit paysan n'a donc aucun pouvoir de décision : il ne peut planter autre chose que ce qui l'est dans le reste de la collectivité, ne peut enclore sa parcelle... paradoxalement, cela nuit à la productivité, et favorise les crispations entre les membres de ces communautés. Ce modèle est appliqué dans toute l'Europe, exception faite de l'Angleterre, qui entrepris des réformes, et l'on peut le considérer comme l'inspirateur des kolkhozes en Russie.

L'agriculture au XVIIIe siècle en France est encore une agriculture de subsistance : on ne produit pas pour exporter. Cela est dû à plusieurs facteurs : tout d'abord, les douanes trans-régionales. Ces taxes, contestées par les économistes, qu'ils soient physiocrates ou libéraux, défavorisent les échanges, car ajoutées à la fixation nationale des prix, elles retirent toute compétitivité aux produits venant d'autres régions. Les infrastructures sont dans un état catastrophique : les routes sont jonchées de trous et sont un véritable repaire à brigands, ce qui rend difficile la circulation des biens. Malgré les innovations, les techniques de mise en culture sont encore très rudimentaires, et la jachère est encore utilisée. Les nouvelles plantes, le maïs et la pomme de terre, augmentent la production agricole, mais ne suffisent pas à éviter disettes et famines, les cultures dépendant des caprices de la météorologie.

L'organisation de la société rurale en France au XVIIIe siècle est donc comparable à la situation que traverse la majeure partie de l'Afrique en ce moment : agriculture dépendante des aléas naturels et techniques basiques, exportations très limitées, liens très forts entre les paysans ; d'une façon générale, on peut dire que l'agriculture n'avait que peu évolué depuis la fin de l'Antiquité, mais qu'elle va connaître très rapidement de nombreuses améliorations, notamment à partir de la révolution française. Le statut des paysans quant à lui à évolué lentement au fil du siècle, avec la disparition progressive du servage et une indépendance croissante.


La société française à l'époque de la monarchie absolue défavorisait les paysans [modifier]
Tout d'abord, les paysans sont défavorisés vis-à-vis de l'impôt. Alors que le clergé ne paye qu'une somme qu'il choisit, et qui est appelée le don gratuit, et que les Nobles sont exempts d'impôts, ils « payent l'impôt du sang », le tiers état doit payer des impôts aux deux ordres précédemment cités. En effet, en plus des impôts royaux, comme la gabelle, ou impôt sur le sel, le tiers état doit payer la dîme au clergé, puis tous les impôts nobiliaires, ou droits seigneuriaux. Les paysans doivent en outre donner une partie de leur récolte aux rentiers du sol, qui sont des nobles, des cléricaux ou des bourgeois : c'est le fermage. Les paysans sont donc défavorisés à cause des impositions, non seulement par rapport aux nobles et aux cléricaux, mais aussi aux bourgeois, pourtant membres du dernier ordre aussi.

Ensuite, les paysans n'ont pas de représentation politique. Les États généraux, lorsqu'ils sont réunis, c'est-à-dire pratiquement jamais, ne font pas cas des demandes des membres du troisième ordre, minoritaires, et encore moins des paysans : ils sont méprisés par les autres députés qui considèrent qu'ils ne font rien d'honorifique ni de méritoire, contrairement à eux et jugent l'inégalité comme normale et nécessaire au bon fonctionnement de la société. Ils sont exclus de tous postes administratifs, judiciaires ou autres travaux lucratifs exigeant des responsabilités, n'ont pour la plupart pas accès à l'instruction. Les paysans représentent une masse influençable ne disposant ni de représentation politique, ni de pouvoirs et dont va savoir se servir la bourgeoisie lors de sa révolte anti-nobiliaire, et plus tard à la révolution française.

Les revendications des paysans à la veille de la révolution sont diverses et sont difficilement différenciables de celles des bourgeois, ces derniers ayant une influence certaine sur eux : ils luttent pour un impôt et une justice égalitaires, et donc pour la suppression des justices seigneuriales, ils veulent que les enrôlements forcés dans les milices et l'armée n'aient plus lieu et que les capitaineries et domaines de chasses exclusifs n'existent plus. D'une manière générale, ils veulent donc la suppression des privilèges, qui d'après eux n'ont plus lieu d'être pour les nobles, puisqu'ils ne payent pas plus l'impôt du sang qu'eux même, ni pour l'Église.

Les paysans sont défavorisés économiquement et politiquement par la monarchie absolue, et semblent être inactifs sur ce dernier plan. Pourtant, grâce à l'influence des nobles d'abord, puis des bourgeois, ils seront le moteur de la Révolution française, malgré un attachement au roi et à l'Église très importants.

Les paysans, malgré leur importance, ont donc été méprisés et ignorés par les deux autres ordres, et même par la bourgeoisie avant la révolte anti-nobiliaire, et défavorisés économiquement, ce qui a provoqué leur mécontentement grandissant et a été l'une des causes de la Révolution française. Leur rôle a donc été capital dans les années précédant la chute de la monarchie, puis lors des États généraux et la nuit du 4 août 1789. Nonobstant, il n'aura pas fallu attendre cette dernière pour que les paysans obtiennent des réformes quant à leur dépendance vis-à-vis des seigneurs. Si les nobles et le clergé avaient prêté ouïe aux demandes des paysans comme cela s'est fait en Angleterre, la monarchie aurait-elle été préservée ?


La propriété des terres [modifier]
A la veille de la Révolution française, 80% de la population française est rurale, dont 60% sont paysans et 40% vivent de l'artisanat et de l'industrie.

Concernant la propriété, 50% des terres cultivées appartiennent aux nobles et au clergé, et 50% aux paysans. Cependant, ces chiffres varient d'une région à l'autre et ne représentent qu'une moyenne sur l'ensemble du territoire. D'une manière générale, les paysans possèdent des terres moins bonnes que les classes privilégiées.

A l'époque moderne, peu de paysans ne possèdent aucune terre. En revanche, beaucoup possèdent très peu : les trois-quarts possèdent moins de 2 hectares. Les très grandes propriétés sont également rares.


Les modes de faire-valoir [modifier]
L'exploitation des terres se fait de trois façons :

Le faire-valoir direct : le paysan propriétaire de sa terre la cultive lui-même avec sa famille. L'auto-suffisance pour une famille est assurée à partir de l'exploitation d'une terre de 5 hectares environ.
Le faire-valoir indirect : le paysan loue les terres à un propriétaire (bourgeois, noble, communauté ecclésiastique) selon deux modes :
en fermage, c'est-à-dire contre une somme d'argent fixée à l'avance.
en métayage, qui correspond la plupart du temps à un partage à moitié-fruit de la récolte.

Les paysans en France au XIXe siècle [modifier]
Au début du XIXe siècle, le monde paysan, marqué par une permanence des structures sociales et des techniques agraires, occupe une grande place dans la société française. Même si son importance est minimisée par sa place politique et sociale, la grande majorité des français est alors composée de paysans. Le système agricole est encore très fragile et soumis à de nombreux aléas (notamment météorologiques), l'économie agricole est encore une juxtaposition de systèmes régionaux.

A la fin du XIXe siècle, le monde paysan a effectué sa révolution et a connu son apogée, l'agriculture s'est modernisée et le marché agricole s'est unifié, la paysannerie a un poids important dans la vie politique du pays. Au début du XXe siècle, la paysannerie semble entrer dans une phase de déclin, une vaste redistribution des hommes est en cours sur l'ensemble du territoire, l'agriculture n'est plus la seule source de production, le secteur industriel est en plein essor et la civilisation urbaine pénètre les campagnes.


La paysannerie entre l'ancien régime et la restauration (1789-1799)
Entre la fin de l'ancien régime et la restauration en 1815, la paysannerie va connaître une véritable révolution, tant juridique que sociale.

La paysannerie de l'ancien régime est marquée par un nombre important de pesanteurs, aussi bien dans le domaine agricole que dans le domaine social, la paysannerie est alors dominée et dépendante. La « révolution agricole » du 17ème est un mythe, l'économie agricole reste étriquée, et l'agriculture n'a pas encore domestiqué la nature, d'où l'hypersensibilité de la production agricole à la météo. Les pratiques agricoles restent traditionnelles (jachères relativement longues, cultures sur brûlis...), et il n'existe pas de véritable marché agricole à l'échelle nationale, ce n'est qu'une juxtaposition de systèmes agricoles régionaux mal connectés entre eux (enclavement). La Révolution va modifier l'ensemble des pesanteurs de l'ordre social qui pèsent sur la France de l'époque. Tout d'abord concernant la propriété de la terre, les paysans n'étaient pas dans leur majorité propriétaires de la terre, celle-ci constituait un placement et était une source de prestige accaparée des grands propriétaires: noblesse, clergé et bourgeoisie urbaine, qui possédaient à peu près 55% des terres agricoles, souvent les meilleures, il faut ajouter le poids des droits seigneuriaux et les privilèges qui faisaient de la noblesse rurale la seule autorité. Les paysans qui possédaient peu ou pas de biens propres devaient travailler pour autrui par différents moyens: le métayage, le fermage, ou encore par le salariat agricole. Il y avait donc déjà de grandes disparités de condition, de revenu et de statut à l'intérieur de la paysannerie de l'ancien régime. La majorité de la paysannerie était alors modeste et peu instruite, les relations sociales étaient alors basées sur la communauté rurale (paroisse) qui était à la fois un secours pour le faible et un frein à la modernisation, et sur laquelle pesait la société d'ordre.

La crise de subsistance de la fin du 17ème siècle s'est généralisée en 1789, se combinant avec une crise politique, il y a bien une révolution paysanne dans la révolution de 1789.

La crise économique de la fin des années 1780 est d'abord liée à une crise de subsistance généralisée et une crise de la paysannerie accablée par les privilèges seigneuriaux (on peut constater cet accablement dans les cahiers de doléances remis au roi). Cependant le monde paysan a bien peu participé aux évènements politiques parisiens qui ont faits la Révolution (deux députés du Tiers-état seulement étaient laboureurs). Mais les évènements révolutionnaires vont provoquer une agitation en province, c'est la Grande Peur, durant laquelle la paysannerie (en tout cas une partie) désorientée va régler ses comptes socio-économiques avec la noblesse, poussant l'Assemblée à abolir tous les privilèges durant la nuit du 4 août 1789. C'est un changement juridique radical pour la paysannerie, libéré d'une source de contraintes de tout ordre (juridique, économique...). Cela va d'un coup lever toute les pesanteurs liées à la féodalité.

Le deuxième événement qui va changer la paysannerie est la vente des biens nationaux (ensemble des biens de l'Eglise mis à disposition de la Nation et biens saisis des nobles émigrés). La vente des biens nationaux pendant la période révolutionnaire constitue une vaste redistribution des terres, la Révolution exalte la propriété et permet aux paysans de s'approprier la terre qu'ils possédaient si peu. Mais cette redistribution de terres a surtout favorisé le haut de l'échelle sociale paysanne et les bourgeois pour qui la terre reste un placement rentable. La redistribution par la vente des biens nationaux est relativement opaque, si elle constitue un pas important pour la paysannerie dans la possession de sa terre, elle ne profite pas à la majorité des paysans les plus pauvres qui n'ont pas eu les moyens d'acheter ces biens.

La Révolution va aussi constituer un véritable éclatement du groupe paysan. Cet éclatement va se faire progressivement, mais c'est tout un ensemble de mesures révolutionnaires, le poids de la guerre et des éléments d'ordre local qui vont éclater le groupe paysan. Le poids de la guerre va être essentiellement porté par la paysannerie, parce qu'ils sont les plus nombreux, ce sont eux qui sont les plus touchés par les levées en masse de soldats, c'est aussi chez eux que l'on vient réquisitionner les bêtes, qui servent souvent aux travaux des champs, c'est eux qui subissent le plus les effets de la guerre, l'appauvrissement, le brigandage... La vente des biens nationaux va aussi constituer un facteur d'éclatement de la paysannerie, d'abord parce qu'elle crée une différence fondamentale entre celui qui possède la terre et celui qui n'en a pas assez pour en vivre, ensuite parce que la vente des biens nationaux va dresser les paysans contre les bourgeois des villes qui achètent cette terre nouvelle, selon des modalités différentes en fonction d'éléments locaux. Les différends entre le gouvernement révolutionnaire et l'Église, vont aussi influencer les réactions paysannes dans certaines régions, surtout à l'Ouest où la Vendée se révolte. Il y a une véritable césure paysanne, qui va aussi poser les bases d'une .

Le régime impérial de Napoléon va constituer une véritable stabilisation pour la paysannerie française. Tout d'abord pour la première fois depuis 1789, Napoléon va instituer un régime d'ordre. L'ordre public est rétabli, les déserteurs sont pourchassés, les bandes armées réduites, les chouans et vendéens sont écrasés par la force lorsque l'apaisement religieux n'a pas suffit. L'ordre religieux est rétabli, le concordat est signé en 1801, liant l'Etat impérial à l'Eglise, des mesures d'apaisement sont décidées. L'ordre administratif est lui aussi rétablit, l'administration napoléonienne est une des plus efficaces de l'époque, les préfets en sont un élément. La mise en place de codes (code pénal, code civil de 1804, code commercial de 1807...) constitue aussi une source de stabilisation juridique. Ensuite, la conjoncture économique devient plus favorable à la paysannerie, et la hausse des prix agricoles va profiter à la paysannerie française. L'insécurité alimentaire est petit à petit résorbée par la diffusion de la pomme de terre (mais aussi de la betterave) et la culture céréalière (le blé prend le pas sur les céréales plus pauvres), les disettes sont plus rare, la dernière sera celle de 1812. Mais l'empire va aussi être une source de mécontentements pour la paysannerie. Les défaites militaires et la conscription pèsent essentiellement sur les paysans, la pression fiscale augmente et pèse sur les paysans, le conflit avec le pape relance l'agitation à l'Ouest et relance une petite chouannerie. La légende noire de l'Ogre napoléon va dominer pendant plusieurs années.





Les lentes mutations du monde paysan entre 1815 et 1870: l'apogée du monde paysan
De 1815 jusqu'à la fin du second empire, la paysannerie française va connaître un ensemble de lentes mutations qui vont la mener à son apogée.

La croissance agricole est incontestable, entre 1815 et 1851 la production agricole augmente de 78%, le blé progresse, comme la pomme de terre qui améliore grandement la sécurité alimentaire. Cette croissance est obtenue par une augmentation du travail et le recul de la jachère plus que par le progrès technique, l'agronomie n'est pas une priorité et le manque de possibilités de crédit hormis auprès des usuriers et notaires est un frein. Les impulsions données à l'agriculture sont plutôt extérieures, l'amélioration des communications, le lancement de grands travaux unifient le marché agricole et donnent une impulsion à certaines régions dont l'agriculture a des visées commerciales. Cependant le marché rural a encore un faible effet d'entraînement sur l'industrie naissante. Jusqu'en 1860, la terre constitue encore une source de rente, mais à partir de cette date l'immobilier et l'industrie deviennent de plus en plus attrayants.

La population rurale pratique la pluriactivité afin de compléter ses revenus, en hiver les paysans inactifs pratiquent l'artisanat à domicile ou travaillent dans des manufactures installées en milieu rural (salariat occasionnel), c'est particulièrement vrai dans le textile et la confection. Les ouvriers de l'époque pratiquent occasionnellement la culture (moissons ou jardins ouvriers). Le surpeuplement rural que l'on peut constater par certains signes: la proportion de mendiants encore importante ou le malthusianisme des notables est dû à une natalité encore forte et à une amélioration de la nourriture. L'émigration rurale se fait plutôt vers les villes ou vers les régions agricoles où il y a du travail saisonnier, très peu à l'étranger. L'exode rural vers les emplois industriels est un mythe, l'émigration rurale se fait pour échapper à sa condition, pas par attrait pour les emplois industriels. Le quotidien des paysans s'améliore tant au niveau de la nourriture qu'au niveau matériel: la majorité des paysans ont désormais du mobilier (exemple: pendule). L'amélioration des communications entraîne une ouverture culturelle plus grande, le début de l'instruction, Maurice Agulhon souligne le rôle du «monsieur» instruit, intermédiaire culturel et politique.

C'est aussi l'époque où la paysannerie entre en politique, la période de restauration a conféré un poids politique important à la propriété foncière du fait du cens, mais celui-ci exclu presque la totalité de la paysannerie pas assez riche pour pouvoir voter, la paysannerie marginalisée n'est pas politisée et est encore largement influencée par les nobles, notables ruraux ou les curés (par exemple Tocqueville emmène ses paysans voter pour lui). La véritable entrée en politique se fait en 1848 avec le suffrage universel, à ce moment les paysans constituent plus de 75% de la population, la majorité à eux seuls, tous les courants politiques vont se lancer à l'assaut du vote paysan. Le soutien à l'empire constitue peut être un rejet de la république de la ville, des notables (républicains)... La paysannerie devient un fidèle soutien à l'empire, sûrement à cause de cette volonté de sortir du clivage entre les «blancs» et les «rouges», de la conjoncture économique favorable, de la politique de grands travaux (voir le livre d'Alain Corbin, Le village des cannibales)...Le second empire constitue une période d'apogée du monde paysan au sein de la société du fait de la prospérité économique, du nombre encore important de paysans, et du soutien politique qu'il constitue pour le régime, son identité culturelle encore forte.





Paranthèse sur la participation à la vie politique en France de 1814 à 1870)
Le XIXe siècle voit apparaître notre vie politique moderne. Cette politisation se traduit par la diffusion dans les masses, et particulièrement dans la classe paysanne, du jeu démocratique mais aussi par le processus d'acquisitions des grands principes de la Révolution française de 1789.

Une nouvelle classe paysanne apparaît alors et se fédère implicitement, et son émancipation est rendue possible par la Révolution de 1789. Particulièrement, c'est l'établissement de la supériorité du droit naturel sur le droit positif, consacré par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789, qui, en affirmant un droit à la propriété comme un droit fondamental, permet aux paysans d'exister par leurs terres.

Cet élan d'instauration des libertés nouvelles est freiné - voire stoppé - par un Premier Empire belliqueux et par un certain cléricalisme, puisque le Concordat de 1801 lie l'Empire au catholicisme. Les guerres napoléoniennes, responsables de près d'un million de morts - essentiellement des paysans - sont en fait à l'origine de la formation d'une sorte de culte napoléonien, c'est-à-dire une forme d'adoration des campagnes aux guerres de conquêtes et aux nombreuses victoires (et défaites) de Napoléon Ier. Ce culte se traduit dans les campagnes notamment par de grandes veillées organisées autour des vétérans, telles qu'elles sont décrites par exemple dans Le médecin de campagne de Balzac.

Le paysan doit aussi faire face à l'Empire qui tente d'exercer sur lui une domination, avec l'aide du clergé à qui il est associé depuis le Concordat. En effet, en l'absence d'éducation politique, d'instruction, et d'une véritable école républicaine, le paysan peut difficilement s'intégrer à la vie politique et reste ainsi dans une forme d'ignorance la plus totale. C'est ainsi que, manipulé, il peut suivre une tendance contraire à ses aspirations nées de la Révolution de 1789. Cette ignorance explique en grande partie l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, candidat non républicain mais porté par la gloire de son oncle à la présidence de la IIe République.

Cependant, le paysan a peu à peu la possibilité de s'exprimer politiquement, par l'élargissement progressif du droit de vote (lois de 1817 et 1831) d'abord, jusqu'à la première élection au suffrage universel direct (masculin) au lendemain de la Révolution de 1848. Le résultat de cette politisation, amorcée dès 1789, fait désormais de lui un « citoyen actif ». Néanmoins, dans l'esprit de certains républicains de l'époque (dont Jules Grévy), ce nouvel outil démocratique qu'est le suffrage universel appliqué à l'élection du Président de la République peut être au final nocif à la République. Dans un discours prononcé devant l'Assemblée constituante en octobre 1848, celui-ci, en tant que député, avait déjà averti les élus du risque pour la République d'élire son président au suffrage universel. En effet, c'est ce mode de scrutin qui a amené au pouvoir celui qui, en 1852, proclama le second empire et devint Napoléon III, mettant ainsi un terme à la Deuxième République après seulement quatre ans d'existence.

Mais le vote n'est pas unanime en France : les citoyens des villes votent en majorité « non » au plébiscite du 20 décembre 1851 confirmant le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Le paradoxe ainsi soulevé est que c'est le peuple lui-même qui a amené au pouvoir celui qui va le conduire à sa perte 22 ans plus tard. Ainsi, c'est en partie la défaite de 1870 face à la Prusse qui explique le ralliement de la classe paysanne à la République dans les années suivant la défaite, délaissant définitivement l'Empire.





Les difficultés du monde paysan de 1870 à la veille de la Première Guerre Mondiale
A partir de 1870 s'ouvre une période difficile pour la paysannerie française, surtout au niveau économique. La crise économique qui touche la paysannerie française à partir de 1870 est multiforme.

Trois facteurs vont se conjuguer pour déboucher sur une crise économique de l'agriculture. La baisse des prix entraîne une baisse des revenus des paysans et une chute des rentes foncières, tandis que dans le même temps la crise économique touche d'autres secteurs, introduisant l'idée de cycles de croissances et de crises. La fin de certaines activités agricoles est due au progrès technique: c'est l'exemple des colorants naturels remplacés par des colorants chimiques, ou de la fin du vers à soie dans le lyonnais. Dans les deux cas on peut aussi évoquer l'arrivée de produits agricoles venus de pays «neufs» ou des colonies (huile des colonies, viande d'Argentine...) qui concurrence les produits français et font augmenter l'offre. Le phylloxera touche dans la même période l'ensemble des vignobles français, cela est d'autant plus grave que la vigne a un rôle socio-économique majeur et valorise des terres plus pauvres. La production, même après la fin du phylloxera, a du mal à repartir, cela débouchera sur des révoltes importantes dans le Languedoc.

Cette crise va entraîner une réaction et de profondes modifications du monde paysan. D'abord, la polyculture est abandonnée, et les différentes régions se spécialisent au niveau agricole, une reconversion est entamée, la vigne est remplacée par des cultures fruitières, l'élevage, la culture maraîchère ou florale se développent, on assiste a un changement de taille encore visible aujourd'hui dans le paysage agricole au niveau d'ensembles régionaux. La vitalité démographique décline durablement. Le monde agricole s'organise face aux difficultés, c'est le début du syndicalisme agricole revendicatif et structuré, mais ce syndicalisme s'il est très écouté par les politiques ne concerne pas tous les paysans. L'Etat intervient, il instaure un protectionnisme agricole pour protéger la production, favorise l'accessibilité aux crédits des paysans. Parallèlement l'influence urbaine pénètre la campagne par le biais du service militaire, du chemin de fer, de l'émigration rurale, de la presse et de la scolarisation.

Au niveau politique cette période est marquée par l'avènement de la République. La République part à la conquête des paysans qui seuls peuvent la consolider. Le rôle de l'instruction publique est déterminant dans cette conquête réciproque, tout comme le phénomène de descente du pouvoir politique au niveau villageois: les élections municipales ont définitivement ancré la vie politique dans la vie villageoise, c'est ce que montre Maurice Agulhon dans La République au village. Une véritable géographie des comportements électoraux s'établit dans cette période, l'opposition du curé et de l'instituteur structure la vie politique du village. Les paysans arrivent ainsi jusqu'à la veille de la guerre à consolider leurs intérêts au sein de la République par une vie politique active.


A la veille de la Grande Guerre, l'agriculture est de plus en plus dépendante des secteurs de l'industrie et de la distribution, qui sont en pleine expansion. La civilisation agraire est en train de se fondre dans un creuset national, celui de la Patrie, et désormais la paysannerie est maîtresse de sa terre. Les nuances apportées selon les régions, les classes sociales à ces grands traits ont structuré la carte à la fois économique, sociale et politique de la France.






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# Posté le mardi 03 juillet 2007 13:03

les normands

les normands




Caractéristiques
Comme beaucoup d'autres communautés migratrices, la culture normande fut particulièrement entreprenante et adaptable. Le moine bénédictin et chroniqueur italo-normand du XIe siècle Geoffroi Malaterra a caractérisé les Normands comme « particulièrement adroits, dédaignant leur propre héritage dans l'espoir d'en acquérir un plus grand, uniquement avides de gains et de domination, tendant à toutes sortes d'imitation, tenant le juste milieu entre la prodigalité et l'avarice, ayant sans doute réussi à unir ces deux valeurs apparemment opposées. Leurs chefs faisaient particulièrement preuve de faste par désir de se faire bien voir. C'était d'ailleurs une race habile à la flatterie, portée sur l'étude de l'éloquence, de sorte que les garçons étaient des orateurs, une race tout à fait déchaînée à moins d'être fermement retenue par le joug de la justice. Ils étaient durs au travail, à la faim et au froid toutes les fois que le hasard les y soumettait, portés sur la chasse et le colportage, fascinés par les chevaux ainsi que tous les équipements et les armes de guerre. »

Cette rapide capacité d'adaptation des Normands mentionnée par Geoffroy les a amenés à occuper les territoires largement dispersés dans l'ensemble de l'Europe. Elle s'est également exprimée dans leur judicieuse détermination à engager les hommes de talent du cru et à épouser les femmes de haut rang de la région. L'inculture des seigneurs normands ne les empêcha pas de mettre avec confiance les clercs érudits de l'Église au service de leurs propres desseins. Le succès de leur assimilation a été si complet que peu de traces modernes demeurent à Palerme ou à Londres.


Guillaume le conquérant
Les expéditions de pillage

France
À l'Ouest de l'Europe, dans la seconde moitié du IXe siècle, des bandes vikings ravagent les côtes du royaume de France. Ils établissent des bases à Saint-Florent-le-Vieil à l'embouchure de la Loire, Noirmoutier, à Taillebourg sur la Charente moyenne. Cependant, leur installation la plus solide se fait à l'embouchure de la Seine sous la conduite d'un certain Rollon le Marcheur (Hrólfr), puis en Basse-Seine tandis que d'autres vikings s'installent en Bessin, en Cotentin, sur tout le littoral et le long des cours d'eau, ainsi que dans l'intérieur (Pays de Caux) : ces régions composeront le duché de Normandie lorsque le jarl viking d'origine norvégienne ou danoise Rollon reçoit du roi carolingien Charles le Simple, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911), le comté de Rouen et tout le territoire entre l'Epte et la mer.

La population scandinave qui s'implante dans le duché est majoritairement originaire du Danemark, mais une minorité non négligeable est originaire de la Norvège, que ce soit du royaume ou des possessions norvégiennes (d'Irlande notamment) : ces Norvégiens se fixent principalement dans le nord de la péninsule du Cotentin. Quelques bandes varègues venues de Suède s'installent également en Normandie. Ces guerriers vikings viennent dans la plus grande majorité des cas, seuls, prenant de gré ou de force des femmes du pays pour épouses et/ou concubines. Certains Vikings, principalement des Norvégiens d'Irlande viennent avec de nombreuses femmes et esclaves celtes.

La colonisation viking en Normandie, tout comme la formation du duché normand, s'étale en fait sur plus d'un siècle car, dans les années 1020, des bandes vikings viennent encore s'installer dans le duché sous le règne du duc Richard l'Irascible. Le duché de Normandie se constitue surtout sous les successeurs de Rollon, du duc Guillaume Longue-Épée et c'est seulement au siècle suivant, sous le règne du duc Guillaume le Bâtard, que le pouvoir ducal est totalement affirmé (à partir de 1060 environ), 150 ans après le traité de Saint-Clair-sur-Epte. L'adoption de la langue d'oïl autochtone par la classe régnante parlant le vieux norrois a introduit dans la langue normande un bon nombre de termes, notamment son lexique nautique, passé dans sa quasi-totalité dans la langue française.

La survivance d'éléments scandinaves s'est également manifestée sur le plan juridique dans les « coutumes ducales ». Ainsi le hamfara s'est perpétué dans la répression des assauts armés contre les domiciles. Le ullac a survécu avec la mise hors-la-loi se traduisant par le droit d'exil. D'ailleurs, nombre de Vikings à avoir essaimé hors de leur sol natal le firent parce qu'ils en avaient été exilés. La stricte punition du vol, illustrée par l'histoire du chêne auquel Rollon a suspendu à un anneau d'or que personne ne songeait à voler, trouve également sa source dans le folklore danois. Le droit de la guerre et des épaves (veriscum) porte également la marque de la législation scandinave et les historiens pensent que Guillaume le Conquérant y eut recours pour mobiliser la flotte qui lui permit d'envahir et de conquérir l'Angleterre. Mais la persistance la plus marquée de l'usage scandinave dans les m½urs des Normands est sans conteste le mariage more danico, « à la danoise », légalisant la bigamie. Les enfants nés d'une frilla, la seconde épouse, étaient considérés par eux comme légitimes. Ainsi, Guillaume ne fut « Bâtard » qu'aux yeux de l'Église et ceci ne l'empêcha pas son père de le designer comme son successeur. Ce n'est qu'au bout de sept générations, précisément avec Guillaume le Conquérant, que les ducs de Normandie paraissent devenir monogames.

Dès le début du XIe siècle déjà, des Normands partiront s'illustrer et chercher fortune par petits groupes en Espagne, combattant les Maures aux côtés des rois chrétiens du Nord comme vers 1034 ou en 1064 à la bataille de Barbastro, mais surtout en Méditerranée, en Italie du Sud et en Sicile, jusqu'à Byzance et en Asie mineure, et enfin, en « Terre Sainte » à l'époque des croisades.


Angleterre

La conquête de l'AngleterreLes Normands étaient depuis longtemps en contact avec l'Angleterre. En se livrant à la conquête de l'Angleterre, les Normands du duché de Normandie ne font que continuer la vague d'incursions norvégiennes en Angleterre.

Non seulement leurs semblables païens ravageaient déjà les côtes anglaises, mais ils occupaient la plupart des ports importants face à l'Angleterre à travers la Manche. Cette proximité a produit des liens plus étroits encore avec le mariage de la fille du duc Richard II, Emma, au roi Ethelred II. C'est pour cette raison qu'Ethelred II trouva refuge en Normandie en 1013, quand il fut chassé de son royaume par Sven Ier de Danemark. Son séjour en Normandie jusqu'en que 1016 l'influencèrent ainsi que ses fils. après la conquête de l'île par Knut II de Danemark, sa femme Emma resta en Normandie.

Lorsque Édouard le Confesseur revint finalement en Angleterre en 1041, à l'invitation de son demi-frère Knut III, il avait été extrêmement "normannisé". Il amena de surcroît nombre de conseillers et de guerriers normands avec lui. Il engagea même une petite troupe de Normands pour établir et former une force de cavalerie anglaise. Bien que ce dessein ne se soit jamais vraiment réalisé, il est typique de l'attitude envers la Normandie d'Édouard qui nomma Robert de Jumièges archevêque de Cantorbéry et fit Ralph le timide comte de Hereford. En 1051, il invita son beau-frère Eustache II de Boulogne à sa cour, ce qui devait avoir comme conséquence le plus important des premiers conflits entre Saxons et Normands et dont devait résulter l'exil du comte Godwin de Wessex.

Lorsqu'en 1066, le chef normand le plus célèbre, Guillaume le Bâtard, bientôt surnommé le « Conquérant », conquerra l'Angleterre, les Normands et leurs descendants remplaceront les Anglo-Saxons en tant que classe régnante de l'Angleterre. Après une phase initiale de ressentiment et de révolte, les deux populations finiront par s'entremarier et fusionner en agrégeant les langues et les traditions respectives. Les Normands finirent, avec le temps, par s'identifier comme Anglo-Normands, d'autant plus que l'anglo-normand différait considérablement du français parisien dont s'est gaussé Chaucer. Même cette distinction a, par la suite, disparu en grande partie au cours de la guerre de Cent Ans, l'aristocratie anglo-normande s'identifiant de plus en plus comme anglaise et les langues anglo-normandes et anglo-saxonnes fusionnant pour former le moyen anglais.


Irlande

Le château normand de Trim, IrlandeL'arrivée des Normands eut un impact profond sur la culture, l'histoire et l'ethnicité irlandaises. Ils s'installèrent pour la plupart à l'est de l'Irlande, dans une région d'un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de Dublin aujourd'hui connue sous le nom d'« English Pale ». Ils y construisirent également des châteaux, y compris ceux de Trim et de Dublin, ainsi que des villages. Au début du XIIe siècle, les Normands maintinrent une culture et identité distinctes, les deux ethnies s'empruntant mutuellement leur langue, leur culture et leurs perspectives. Le creuset irlandais les allia rapidement et on a souvent coutume de dire qu'ils sont devenus « plus irlandais que les Irlandais eux-mêmes ».


Écosse
Edgar Atheling, un des prétendants au trône anglais opposés à Guillaume le Conquérant, avait trouvé refuge en Écosse. Ayant épousé sa s½ur Marguerite, le roi Malcolm III d'Écosse devint un opposant à Guillaume qui avait déjà contesté les frontières méridionales de l'Écosse.

En 1072, Guillaume envahit l'Écosse jusqu'au Firth de Tay où il retrouva sa flotte. Malcolm fit sa soumission et rendit hommage à Guillaume, remettant son fils Duncan comme otage et commençant une série d'argumentations visant à déterminer si la couronne écossaise devait ou non allégeance au roi anglais.

Les Normands pénétrèrent en Écosse où ils construisirent des châteaux et fondèrent des familles nobles qui devaient fournir des rois tels que Robert Ier d'Écosse ainsi que des clans écossais dans les Highlands. Le roi David Ier d'Écosse joua un rôle primordial dans l'introduction des Normands et de la culture normande en Écosse, ayant passé du temps à la cour d'Henri Beauclerc qui était mariée à Mathilde d'Écosse, la s½ur de David Ier. Ce processus se poursuivit sous les successeurs de ce dernier. Le système féodal normand fut appliqué dans les Lowlands, mais l'influence sur la langue écossaise de cette région fut limitée.


Pays de Galles

Le château normand de Caerphilly, Pays de GallesLes Normands connaissaient le Pays de Galles bien avant la conquête normande de l'Angleterre. Édouard le confesseur avait nommé Ralph le Timide, comte d'Hereford en le chargeant de défendre les Marches et de faire la guerre avec les Gallois.

Ces premières opérations dans ce pays ne furent pas suivies d'effet mais, suite à la conquête, les Marches tombèrent entièrement sous la domination des barons normands de confiance de Guillaume, dont Roger II de Montgommery dans le Shropshire et Hugues d'Avranches dans le Cheshire. Ces Normands ont commencé une longue période de lente conquête au cours de laquelle presque tout le Pays de Galles fut plus ou moins sujet à des interventions normandes. C'est à cette époque que des mots normands tels que barwn (baron) ont fait leur entrée dans la langue galloise.


Méditerranée

Le palais des Normands de PalermeLes Normands d'Italie méridionale jettent les fondements du futur royaume de Sicile. L'immigration normande en Italie n'a rien de massif mais on estime qu'une population comprise entre 30 000 et 40 000 Normands, qui a quitté le duché pour l'Italie par petits groupes de trente à quarante guerriers, principalement entre les années 1010 et 1120, s'installant surtout en Apulie. Cependant, ces Normands ont souvent des familles nombreuses et une importante descendance, palliant ainsi leur petit nombre initial.

Les Normands sont probablement entrés comme guerriers dans le Mezzogiorno en 1017 au plus tard à la suite des histoires de pèlerins. Selon le moine bénédictin Aimé du Mont-Cassin, des pèlerins de retour de Jérusalem en 999, relâchaient dans le port de Salerne lorsque se produisit une attaque de Sarrasins. Les Normands les combattirent si vaillamment que Guaimar IV de Salerne les pria de rester. Ils déclinèrent la demande du prince, mais offrirent à la place d'envoyer des gens de chez eux et tinrent promesse. Le chroniqueur normand Guillaume d'Apulie relate qu'en 1016, le combattant de la liberté lombard Melo de Bari persuada des pèlerins qu'il avait rencontrés au tombeau de Saint-Michel à Monte Gargano de revenir avec plus de guerriers pour les aider à se débarrasser des Byzantins, ce qu'ils firent.

Parmi les aventuriers normands les plus fameux, on trouve Osmond Quarrel et Rainulf Drengot d'abord, qui arrivent en Italie en 1016 avec trois autres de leurs frères. Rainulf est, en 1029, le fondateur du premier fief normand en Méditerranée lorsqu'il reçut en 1030 le comté d'Aversa du duc Serge IV de Naples. Plus tard arrivent des aventuriers non moins célèbres, les frères Hauteville, qui arrivent progressivement à partir de 1035 environ avec principalement, Guillaume Bras-de-Fer, Drogon de Hauteville, Onfroi de Hauteville, Robert Guiscard et son jeune frère Roger Bosso.

Les Hauteville obtinrent un statut princier lorsqu'ils proclamèrent « duc d'Apulie et Calabre » le prince Guaimar IV de Salerne qui octroya promptement le titre de comte de sa capitale Melfi à Guillaume Bras-de-Fer, leur chef élu. Les Drengot atteignirent le même statut dans la principauté de Capoue lorsque l'empereur Henri III du Saint-Empire anoblit le chef de leur maison, Drogon, comme duc et maître de l'Italie et comte des Normands de toute l'Apulie et de la Calabre en 1047.


La cathédrale de MonrealeDe là, Robert Guiscard et Roger Bosso purent par la suite prendre la Sicile et Malte aux Sarrasins. Le fils de Roger, devint en 1130 le premier roi normand de Sicile sous le nom de Roger II de Sicile, exactement un siècle après le couronnement de Rainulf comme comte par le pape Anaclet II. Au pinacle du royaume normand de Sicile, qui comprenait également la moitié de la péninsule italienne jusqu'aux États papaux, la population de Palerme tournait autour de 300 000 alors que celle de Rome ne dépassait pas 30 000). Les recettes fiscales de Palerme dépassaient à elles seules celles de l'Angleterre normande tout entière. Ce royaume devait durer jusqu'en 1194, lorsqu'il revint par alliance aux Hohenstaufens.

Les Normands ont également laissé leur marque dans le paysage avec de nombreux châteaux, comme la forteresse de Guillaume Bras-de-Fer à Squillace ou les cathédrales, comme celle de Roger II à Cefalù, qui parsèment le pays auquel ils donnent une saveur architecturale complètement distincte du fait de son histoire unique. Institutionnellement, les Normands ont associé l'administration des Byzantins, des Arabes et des Lombards à leurs propres concepts de droit et d'ordre féodaux pour élaborer un gouvernement complètement original. Dans cet État qui jouissait d'une grande liberté religieuse, une bureaucratie méritocratique composée de juifs, de musulmans et de chrétiens catholiques et orthodoxes, coexistait avec la noblesse normande.

Parmi les autres Normands à s'être illustrés en Italie méridionale, on compte également Pierre de Trani, Hugues Tub½uf, Tristan de Montepeloso, Mauger de Hauteville, Guillaume de Hauteville, Godefroi de Hauteville, Serlon II de Hauteville, Roussel de Bailleul, Alphonse de Capoue, Robert Scalio ou Gui de Hauteville. Les Normands devaient également devenir très influents dans les affaires italiennes, par exemple, lorsque Robert Guiscard fut le seul appui du pape Grégoire VII dans son conflit contre l'empereur Henri IV. Cet appui devait mener à une bataille entre les Normands et les Romains au cours de laquelle une grande partie de Rome fut brûlée ou mise à sac.

En 1129, Robert Burdet en Catalogne qui guerroie en Catalogne contre les Sarrasins prend Tarragone aux Musulmans et se déclare « prince de Tarragone » indépendant du comté de Barcelone. Plus tard, en Asie mineure, Roscelin de Baieul conquerra en 1073 la Galatie dont il s'autoproclamera « prince » et fera d'Ankara sa capitale.


Croisades

Antioche dans les États latins d'Orient après 1099La piété légendaire des Normands a trouvé à s'exercer dans les guerres religieuses longtemps avant que la première croisade n'aboutisse à la création d'une principauté normande d'Antioche. Ils furent d'importants participants étrangers à la Reconquista en Espagne. En 1018, Roger de Tony tenta même de se créer un état dans l'Espagne maure. En 1064, pendant la guerre de Barbastro, Guillaume de Montreuil prit, à la tête de l'armée papale, un butin énorme.

En 1096, des croisés passant par le siège d'Amalfi furent rejoints par Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède de Galilée avec une armée d'Italo-Normands. Bohémond fut le chef de facto de la croisade pendant son passage de l'Asie mineure. Après le succès du siège d'Antioche en 1097, Bohémond commença à se créer une principauté indépendante autour de cette ville. Tancrède joua un rôle fondamental dans la conquête de Jérusalem et il contribua pour l'expansion du royaume de Jérusalem en Transjordanie et la région de la Galilée.


Orient
Peu après leur arrivée en Italie, les Normands entrent dans l'empire byzantin et peu de temps après en Arménie contre les Petchenègues, les Bulgares et, en particulier, les Seldjoukides. Invités de prime abord par les Lombards dans le Sud pour intervenir contre les Byzantins, les mercenaires normands combattent bientôt au service des Byzantins en Sicile. Ils jouent un rôle proéminent dans les contingents varègues et lombards de la campagne sicilienne de George Maniaces de 1038-40.

Un des premiers mercenaires normands à devenir général byzantin fut Nicephorus Bryennius dans les années 1050. Dès ce moment, il y avait déjà des mercenaires normands servant aussi loin que Trébizonde et la Géorgie. Ils étaient basés à Malatya et à Édesse, sous le duc byzantin d'Antioche, Isaac Comnène. Dans les années 1060, Robert Crispin mène les Normands d'Édesse contre les Turcs. Roussel de Bailleul tentera même de se créer son propre état indépendant en Asie mineure avec l'appui de la population locale avant d'être arrêté par le général byzantin Alexis Comnène. De 1073 à 1074, 8.000 des 20.000 soldats du général arménien Philaretus Brachamius étaient des Normands menés par Raimbaud.


Intégration
L'esprit viking, toujours vivace en plein XIe siècle, s'estompe définitivement au cours du XIIe siècle tandis que les Normands, que ce soient ceux, entre autres, d'Angleterre ou d'Italie, cessent peu à peu, à partir de la seconde moitié du XIIe siècle jusqu'au cours du XIIIe siècle, de former un peuple distinct. La capacité d'adaptabilité mentionnée par Goffredo Malaterra s'est manifestée dans le judicieux dessein des Normands d'engager les hommes de talent locaux et d'épouser les femmes locales de haut rang. De même, les maîtres normands illettrés mais confiants en eux-mêmes n'hésitèrent pas à s'assurer la coopération de clercs instruits pour servir leurs desseins. Le succès de leur assimilation fut tel qu'à Palerme, peu de traces d'eux demeurent à l'époque moderne. Néanmoins, le duché de Normandie, annexé au royaume capétien par le roi Philippe Auguste en 1204, garda longtemps encore, face au pouvoir royal français, un fort particularisme, pendant longtemps source de conflits entre les royaumes de France et d'Angleterre, conflits issus directement, ou indirectement, de ces anciens Normands, Vikings francisés et autochtones normannisés par près de deux siècles d'autonomie du duché
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# Posté le mardi 03 juillet 2007 12:54

chavalerie

chavalerie
Introduction
Aux alentours de l'an Mil, le terme latin miles (guerrier) se répand. Il désigne alors le chevalier. Ce chevalier se caractérise par le fait qu'il soit un guerrier à cheval, mais il n'est que rarement désigné par le terme equites signifiant cavalier. À l'époque où le système féodal se répand, la seigneurie en est la structure de base. C'est un système devant maintenir l'ordre et la justice et ayant pour centre le château fort.

Le chevalier est alors un guerrier appartenant à la maison du seigneur : celui-ci devant s'entourer d'un groupe de soldats professionnels qui l'aident à maintenir l'ordre et à exploiter les habitants de la seigneurie et les passants. Ils participent à cette exploitation du peuple et partagent avec le seigneur les profits de la seigneurie. Dès le XIe siècle, miles devient synonyme de vassus, le vassal. Le chevalier est bel et bien le serviteur armé du châtelain : ils font leurs premières armes contre les paysans libres (les Vilains) de l'an Mil et imposent le système féodal et le respect des coutumes par la force. Le château-fort et son donjon servent alors plus à contrôler et à dominer la population qu'à la protéger...


Qui pouvait devenir chevalier ?

Même si les romans courtois désignent la chevalerie comme un « Ordre » (ordo), la chevalerie est socialement composite. Elle entretient des rapports assez complexes avec la “noblesse” (l'aristocratie). La noblesse au moyen-âge n'est en effet pas un statut ou un privilège mais une « qualité d'intensité variable »[1]. Nobilis est un adjectif : on peut être plus ou moins noble ; alors que miles est un substantif : on est chevalier ou on ne l'est pas. Et si tous les chevaliers ne sont pas nobles, loin de là, tous les nobles se disent bientôt chevaliers. Se sentant investis de l'idéal chevaleresque, partageant les valeurs de prouesse et de loyauté, l'aristocratie s'est peu à peu identifiée à la chevalerie.

Tous les chevaliers n'étaient pas “guerriers à plein temps” il existait des chevaliers-paysans vivant en bande dans de grosses maisons fortes. Le chevalier reste en contrebas de la noblesse, il mange parfois à la table du seigneur, partage sa vie aventureuse avec ses fils, mais il est bien souvent d'origine sociale moindre. La chevalerie a été pour certains hommes du moyen-âge un ascenseur social, mais nombre de chevaliers sont issus d'anciennes familles nobles : ils en sont les cadets célibataires et sans héritage, voire les bâtards. Au début du XIIIe siècle, des législations royales de France, d'Allemagne et d'autres royaumes moindres stipulent que l'on ne peut accéder à l'honneur chevaleresque que si l'on est soi-même de lignée chevaleresque[2].

Quelles que soient les origines du chevalier, la vie chevaleresque a un prix économique de plus en plus important. Au XIIe siècle, l'équipement de base du chevalier (cheval, heaume, haubert, épée) représente le revenu annuel d'une seigneurie moyenne de 150 hectares. Trois siècles plus tard, l'équipement nécessaire engloutit le produit du travail de 500 hectares[3].


Comment devient-on chevalier ?

"The Accolade",
Edmund Blair Leighton (1853-1922)L'adolescent, le bachelier, fils de chevalier, accède lui-même à ce titre et à cet état après un apprentissage et une cérémonie appelée adoubement.

Avant l'adoubement : vers l'âge de sept ans, il est placé chez un seigneur qui sera son parrain. Il y gravit tous les degrés de l'éducation qui vise à en faire un guerrier : galopin (il nettoie l'écurie), page (il s'occupe des chevaux, est au service de la dame du château, suit un entrainement équestre, apprend à chasser) et enfin écuyer, damoiseau (il aide les chevaliers au tournoi et à la guerre).
L'adoubement marque le passage de l'état d'écuyer à celui de chevalier. Cette cérémonie a lieu en général en mai ou en juin : agenouillé, le bachelier prête à haute voix le serment des chevaliers, une main sur l'Évangile ; ses armes de chevalier lui sont ensuite remises par son seigneur et parrain, bénites par l'Église qui encadre la cérémonie. Une fois revêtu de son équipement, il s'agenouille à nouveau pour recevoir l'accolade.
Après la cérémonie : on organise des tournois et des banquets pour célébrer l'occasion.

Le genre de vie du chevalier

Chevalier en cotte de mailles, musée du LouvreUn soldat au service d'un seigneur
Le chevalier est un professionnel de la guerre ; il est propriétaire d'armes offensives et défensives (voir la liste dans l'article armement) qu'il lui faut souvent remplacer après un combat. Il doit donc gagner de l'argent.

Les tournois : une manière de gagner de l'argent et de s'amuser
Les guerres au Moyen Âge ne sont pas si fréquentes. De plus, on ne se bat pas l'hiver, ni pendant les périodes saintes (Avent, Carême). L'Église a défini depuis la fin du Xe siècle des paix de Dieu et des trêves de Dieu pour limiter les guerres. Le tournoi est donc une occasion de remporter une rançon, de confisquer chevaux et armes des chevaliers vaincus. Il est aussi une façon de ne pas perdre la main pendant les périodes sans combat et de se distinguer auprès d'une dame. Les chevaliers aiment les tournois car ils s'y amusent et se sentent dignes d'y mourir l'épée a la main.

Le chevalier vit souvent au château et doit être fidèle à son seigneur, lorsqu'il est vassal. Néanmoins, il ne faut pas confondre vassal et chevalier.

Les devoirs du chevalier

Cavaliers du XIe siècle, Tapisserie de BayeuxEnvers sa dame : la littérature courtoise exalte une idéologie de classe. La courtoisie est d'abord l'ensemble des qualités du noble, le comportement élégant d'un chevalier ; puis vers 1150, la courtoisie se charge d'une dimension amoureuse, incarnée dans le personnage de Lancelot. L'amour courtois est chanté par les troubadours et les trouvères.
Au service de l'Église : le chevalier doit mettre son épée au service du pape (croisades) et des faibles : il devient alors chevalier du Christ (Miles Christi)
Les qualités de chevalier idéal sont la sagesse, la prouesse, la générosité et la fidélité.
Cependant, ces devoirs sont secondaires par rapport aux devoirs envers le suzerain. Ses « vertus » sont idéalisées par la littérature courtoise au service d'une classe, l'aristocratie. Le chevalier est avant tout un homme d'armes, un homme de guerre.

Au Moyen Âge, la noblesse doit justifier l'ascendance divine de son pouvoir par une conduite irréprochable. Son rôle est la protection des terres et l'exercice de la justice, et il a un devoir d'équité. En particulier, à la guerre il faut se battre héroïquement, au corps à corps. Le combat est proscrit le dimanche et la fuite entraine une déconsidération profonde. Ainsi les revers militaires de Jean sans Terre (qui était considéré comme usurpant la couronne de son frère Richard C½ur de Lion) contre Philippe Auguste ont entrainé la promulgation de la grande Charte en 1215 (qui instaure une monarchie contrôlée par le parlement). La même mésaventure faillit arriver aux Valois en 1357 après les désastres de Crécy (1346) et Poitiers (1356): Étienne Marcel fut à deux doigts de réussir à imposer une monarchie contrôlée par la grande ordonnance, votée le 28 décembre 1355 et promulguée le 3 mars 1357


L'équipement du chevalier

Armures du XVIe siècle exposées au Metropolitan Museum of Art à New YorkL'équipement étant aussi lourd que coûteux, les chevaliers ne pouvaient enfiler leur armure tout seuls, et le prix de l'équipement était à lui seul un obstacle de taille à l'époque où tout le monde pouvait devenir chevalier. Vers le XI-XIIe siècle, chaque pièce de l'équipement a commencé à avoir une valeur symbolique :

Le heaume : l'espérance, l'intelligence, la pudeur.
La cuirasse : la prudence, la piété, la protection contre le vice et l'erreur.
Les gantelets : la justice, la science, le discernement, l'honneur.
L'écu (bouclier) : la foi, le conseil, la protection contre l'orgueil, la débauche et l'hérésie.
La lance : la charité, la sagesse, la droite vérité.
Les pièces qui forment l'armure complète – une quinzaine pour les principales, une centaine au total – sont agencées avec habileté, mais l'ensemble reste fragile. Le poids de l'armure atteint 20 à 25 kg, ce qui correspond au poids moyen de l'équipement porté par les soldats de toutes les époques.

Le cheval jouait aussi un rôle car, sans cheval ce dernier se déplaçait très lentement (voir pas du tout), souvent même le chevalier ne pouvait pas monter seul sur son cheval.


Conclusion

Statue équestre d'un chevalier du XVe siècleLe XIIe siècle est sans doute le siècle d'or de la chevalerie. Celle-ci se définit comme une véritable classe avec ses codes, et son genre de vie. Au bas-Moyen Âge, les adoubements se font moins nombreux et la cavalerie n'a plus le même rôle qu'avant, la bataille de Crécy sera à cet égard révélatrice, à cause de l'apparition de l'artillerie. En outre, les chevaliers à l'équipement coûteux peuvent être stoppés grâce à quelques piquiers. S'ils tombaient de leur cheval, ils n'arrivaient souvent pas à se relever.

Le titre de chevalier est acquis, moyennant finances, par les bourgeois enrichis de cités devenues prospères, et n'est plus qu'un mot honorifique.

Cependant la même époque voit apparaître les ordres de chevalerie dont le rôle est avant tout politique.
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# Posté le lundi 02 juillet 2007 11:40

charles II le chauve

charles II le chauve
Partage de l'Empire de Charlemagne
Dès 827, il reçut de son père le titre de roi d'Alémanie et en 838 celui de roi d'Aquitaine.

A l'âge de sept ans, Charles fut confié à un précepteur de renom : Walahfrid Strabo (v. 808/809-849), moine au Monastère de Reichenau, en Alémanie, esprit cultivé attaché au mythe impérial, poète, auteur d'une glose qui contient des commentaires de la Bible, sur lesquels se fonderont plusieurs siècles durant les interprétations du livre sacré. Pendant neuf ans, il assurera l'éducation du jeune prince, convaincu de la grande destinée qui attend son élève.

En 840, à la mort de l'empereur Louis le Pieux, la guerre commença immédiatement entre ses fils pour le partage du vaste empire de Charlemagne. Les faveurs qui avaient été accordées à Charles le Chauve au détriment de ses demi-frères ainés, furent la cause des troubles qui agitèrent la fin du règne de leur père et de la mésintelligence qui exista entre ses héritiers. Charles s'unit à son demi-frère Louis le Germanique, pour combattre Lothaire Ier leur frère aîné, qui voulait les exclure du partage de l'empire. Ensemble, ils remportèrent en 841 la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en Bourgogne.
Le 14 février 842, ils renforcèrent leur alliance en prononçant réciproquement le serment de Strasbourg (dont le résultat fut un partage égal de l'empire entre les trois frères (traité de Verdun, 843) :

- Lothaire Ier reçut la Francie médiane, Francia media, de la mer du Nord à l'Italie
- Louis le Germanique reçut la Francie orientale, Francia orientalis ou Germanie (la future Allemagne)
- Charles le Chauve reçut la Francie occidentale, Francia occidentalis (la future France)




Guerres contre les Bretons et les Vikings
En 841, Charles le Chauve reçoit le serment de Nominoë, roi de Bretagne. En 843, déclenchement des hostilité entre Charles le Chauve et Nominoë. En 845, lors de la bataille de Ballon, victoire de Nominoë sur Charles le Chauve. Un premier traité est conclu en 846 avec Nominoë, qui devient alors souverain de Bretagne. Lors de la reprise des hostilités contre la Bretagne en 849, de nombreux raids ont lieu en Francie occidentale (Maine, Anjou, Poitou), ainsi que la prise des cités de Rennes et Nantes. En 851, Charles le Chauve concède les insignes de la royauté de Bretagne à Erispoë, incluant les comtés de Rennes et de Nantes.

De 856 à 861, la Francie occidentale est plusieurs fois rançonnée par les Vikings qui ont multiplié leurs raids. Maintes fois, le roi Charles s'engage à leur donner de grosses sommes afin que ceux-ci se retirent et cessent de piller les riches abbayes. Mais rien n'y fait, les Normands touchent la rançon et reviennent plus tard. En raison de l'incapacité du roi à soumettre l'envahisseur, les grands du royaume, ayant à leur tête Robert le Fort, se rebellent et appellent à l'aide Louis le Germanique. Au cours de l'automne 858, le roi de Germanie quitte Worms et envahit le royaume de son frère ; arrivé à Orléans, Louis reçoit l'hommage des Aquitains et des Bretons. Le roi Charles, qui assiégeait l'île d'Oscelle occupée par les Vikings, est contraint à se réfugier en Bourgogne. Face à ces évènements, plusieurs évêques, sous la conduite de l'archevêque Wénilon de Sens, réagissent. Réunis à Reims le 25 novembre 858, ils demandent le départ des Germains et le retour de Charles. Louis s'exécute et licencie une partie de son armée. Profitant alors de la situation, Charles réussit à rassembler une troupe et marche en direction de son frère. À Jouy, près de Soissons, les deux souverains se font face mais, voyant l'armée de son frère plus importante, Louis le Germanique se retire sans combattre.





Guerres en Aquitaine et en Lotharingie
Charles agrandit son royaume, soit par conquête, soit par héritage, avec notamment la Provence en 863 et la Lotharingie en 869 qu'il dut néanmoins partager avec Louis le Germanique au Traité de Meerssen en août 870. Ce traité porte la frontière de son royaume sur la Moselle et rend pour la première fois voisins les deux royaumes.


Charles II le ChauveCharles le Chauve eut plusieurs guerres à soutenir pour conserver l'Aquitaine qu'il détenait au préjudice de son neveu Pépin II d'Aquitaine. En 875, après la mort de l'empereur Louis II, fils aîné de Lothaire Ier, c'est lui qui hérita du trône impérial. Le 25 décembre 875 à Rome, 75 ans jour pour jour après le couronnement de son grand-père Charlemagne, il reçut sur sa tête la couronne impériale des mains du pape Jean VIII.

Le 28 août 876, son demi-frère Louis le Germanique mourut à Francfort-sur-le-Main. Charles le Chauve en profita pour envahir la Lotharingie orientale. Mais ses neveux, les fils de Louis le Germanique, ayant été dépouillés, réunirent une grande armée et lui infligèrent une sévère défaite le 8 octobre 876 à Andernach sur les bords du Rhin près de Coblence.





Naissance de la féodalité
En juin 877, il promulgua le capitulaire de Quierzy qui rendait héréditaire les charges comtales; cet acte peut être considéré comme l'acte de naissance de la féodalité. S'étant ensuite rendu en Italie afin de porter secours au pape Jean VIII en lutte avec les Sarrasins, il fut contraint de revenir en France pour faire face à une attaque de Carloman, autre fils de Louis le Germanique. Sur le chemin du retour, il fut saisi d'une violente maladie, et mourut, le 6 octobre 877 au village de Brios, l'actuel Avrieux au pied du Mont-Cenis en Savoie; De lourds soupçons indiquèrent qu'il avait été empoisonné par son médecin, un juif nommé Sédécias. Il fut enterré à Saint-Pierre de Nantua et plus tard, en 884, ses ossements furent ramenés à l'abbatiale de Saint-Denis.

C'est après la mort de Charles le Chauve que se développa la féodalité tout en affaiblissant considérablement la puissance carolingienne. Comme tous les souverains carolingiens, il a laissé de nombreux capitulaires.





Généalogie
Il est le fils de Louis Ier dit le Pieux et de sa troisième épouse Judith de Bavière.
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# Posté le samedi 30 juin 2007 07:34

jean moulin

jean moulin
Jean Moulin


Homme Politique (20/06/1899 - 08/07/1943)il a vecu 44 ans


Figure phare de la Résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale, Jean Moulin a fait preuve d'un courage et d'une détermination sans bornes dans son combat. À lui seul, il a organisé et unifié la Résistance au sein du CNR, naturellement convaincu que tel était son devoir de Français.


De l'enfance aux études

Jean Moulin est né le 20 juin 1899, à Béziers, au sein d'une famille d'universitaires. Il grandit dans l'insouciance de l'enfance, durant laquelle il montre de fortes aptitudes de dessinateur. Ayant obtenu son baccalauréat en 1917, il suit des études de droit à l'université de Montpellier, tout en travaillant au cabinet du préfet de l'Hérault.

En pleine guerre mondiale, il est mobilisé et ainsi contraint d'interrompre ses études. Mais l'armistice est signé avant son premier combat, ce qui lui permet de reprendre son cursus et ses activités dès la fin de l'année 1919. Il obtient sa licence de droit en 1921.


Une carrière administrative précoce

Très jeune, Jean Moulin entretient une profonde passion pour la politique. Socialiste engagé, son père n'est sans doute pas étranger à un tel sentiment. En effet, il influe grandement sur les conceptions politiques de son fils et l'amène sur la voie républicaine. Particulièrement impliqué dans l'organisation du pays, Jean Moulin devient, dès 1925, le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville, puis à Châteaulin.

Déterminé et passionné, Jean Moulin s'investit dans ses fonctions et dans ses opinions politiques. Il devient chef du cabinet du Ministère de l'Air du Front populaire en 1936. Ainsi, au cours de la guerre d'Espagne, il n'hésite pas à soutenir les républicains. Ses qualités et son dévouement lui valent d'être nommé préfet d'Aveyron en 1937. Une fois de plus, il est le plus jeune français à assurer ce type de fonctions.


L'entrée dans la Résistance

En juillet 1939, Jean Moulin est nommé préfet de Chartres, peu de temps avant l'invasion du pays par les Allemands. Dès le début de la guerre, il demande à combattre pour la France en tant que sergent de réserve. Toutefois, il se heurte au refus de l'administration, qui le maintient à la préfecture.

La France est envahie le 10 mai 1940 et Jean Moulin s'efforce de maintenir le calme en Eure-et-Loir. En tant que préfet, il va bientôt devoir faire un choix déterminant. En effet, en juin 1940, les nazis lui soumettent une déclaration selon laquelle un groupe de tirailleurs sénégalais appartenant à l'armée française aurait commis des crimes graves. Conscient de l'innocence des accusés, Jean Moulin refuse de signer le document.

Ayant osé tenir tête à l'occupant, il est battu puis emprisonné. Son refus de collaborer l'amène à commettre un acte qui témoigne de son courage et de sa détermination : il tente de se trancher la gorge à l'aide d'un bout de verre. Il échappe à la mort de justesse, puis est révoqué par le gouvernement de Vichy en novembre 1940. C'est à cet instant qu'il fait concrètement ses premiers pas dans la Résistance.


Sa mission : unifier la Résistance

Convaincu de son devoir de lutte contre l'occupant, il se rend à Londres pour rencontrer le général de Gaulle, en 1941. Les deux hommes ne tardent pas s'accorder leur confiance et Jean Moulin se voit confier la lourde tâche d'unifier la Résistance dans le Sud de la France.

Assuré d'un soutien matériel essentiel, il rejoint le pays dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942. Il prend différentes identités, dont celles d'un agriculteur et d'un directeur de galerie d'art. Aux prix de grands efforts, il tente de rallier les différents mouvements de résistance entre eux et sous l'autorité du Général. Dans un premier temps, il contacte tous les chefs des différents mouvements de résistance. Ensuite, il s'efforce, après avoir créé l'Armée secrète (AS), de mettre en place différents services : parachutage, information, presse, transmissions, comité général d'études, noyautage des administrations publiques...

Durant cette période, il semble que sa volonté et son courage aient naturellement pris le pas sur la fatigue. Doté d'une énergie inépuisable, il parvient encore à réunir les trois grands mouvements de résistance français, à savoir Combat, de Henri Frenay, Franc-Tireur, de Jean-Pierre Levy et Libération-Sud d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie. Il les rassemble au sein du Mouvements Unis de résistance (MUR). Toutefois, les conflits entre différents chefs résistants ne lui facilitent la tâche.

Après un bref retour à Londres au début de l'année 1943, où il rend son rapport au Général De Gaulle, il est ensuite chargé de mettre en place le Conseil national de la Résistance (CNR). Il s'agit en fait de réunir toutes les organisations (mouvements, partis politiques et syndicats) sous une même entité politique. C'est Jean Moulin lui-même qui en prend la présidence.


Trahi, arrêté, torturé, tué

La première réunion du CNR se déroule le 27 mai 1943, à Paris. Mais les conflits au sein de la Résistance ne s'atténuent pas. Certains espèrent même pouvoir évincer Jean Moulin. Lorsque le chef de l'Armée secrète, le général Delestraint, est arrêté par l'occupant au début du mois de juin, Jean Moulin organise en urgence une réunion des responsables militaires à Caluire, afin de s'organiser en l'absence du malheureux.

Le 21 juin 1943, la Gestapo envahit le lieu de rassemblement et arrête tous les participants. La trahison, ou dénonciation, semble évidente. Jean Moulin est emprisonné à Lyon et torturé pendant plusieurs jours. Malgré les souffrances abominables qu'il endure, jamais il ne donnera une quelconque information sur le mouvement qu'il a mis en place. Il meurt lors de son transfert en Allemagne, le 8 juillet 1943.

Sans chercher la gloire ou une quelconque reconnaissance, Jean Moulin a lutté corps et âme pour libérer sa nation du joug nazi. Jusqu'à son dernier souffle, il a mené une résistance autant psychique que physique. Ses cendres reposent au Panthéon depuis 1964 et son combat héroïque reste à jamais ancré dans l'Histoire.
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# Posté le vendredi 29 juin 2007 11:25